Comment intégrer des sols amortissants issus de l'économie circulaire dans vos CCTP

De la chute de semelle au sol coulé

Quatre étapes, de la chute de production au sol posé sur chantier.

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Visuels d’illustration.

Prescrire un sol amortissant issu de l’économie circulaire ne consiste pas à ajouter le mot « recyclé » dans un CCTP. Il faut définir un besoin mesurable, vérifier la sécurité du système complet, demander des preuves sur l’origine des matières et organiser les contrôles à la réception. Cette méthode s’adresse aux maîtres d’ouvrage, bureaux d’études, paysagistes concepteurs et acheteurs publics.

1. Définir l’usage et la performance attendue

Caractérisez le site : aire de jeux, cour d’école ou espace sportif ; équipements installés ; hauteur de chute libre ; fréquentation ; exposition aux UV, au gel et à l’eau ; entretien prévu ; nature et état du support. Ces paramètres conditionnent le revêtement et sa durabilité.

Pour les aires collectives de jeux, les zones où les enfants sont susceptibles de tomber doivent être revêtues de matériaux amortissants appropriés. Le cadre français prévoit aussi une durée de vie adaptée à l’usage, à l’usure et aux variations climatiques, ainsi que des exigences d’hygiène et de propreté. Référence : décret n° 96-1136 sur Légifrance.

2. Décrire la performance, pas une marque

Le CCTP doit préciser les fonctions attendues : atténuation de l’impact, hauteur de chute à couvrir, drainage, adhérence, continuité de surface, résistance à l’usure, tenue des couleurs, réparabilité et entretien. Dans un marché public, les exigences doivent être liées au besoin et proportionnées ; les références techniques ne doivent pas verrouiller inutilement la concurrence. Prévoir l’examen de solutions équivalentes selon les mêmes critères objectifs.

3. Documenter l’origine circulaire des matières

Le mot « recyclé » peut recouvrir des réalités différentes. Distinguez les matières issues de produits en fin de vie des chutes industrielles de production, et demandez des preuves vérifiables :

  • Origine et traçabilité : nature du matériau, origine géographique et industrielle, site de transformation et identification des lots.
  • Contenu recyclé : pourcentage massique revendiqué, périmètre et méthode de calcul.
  • Régularité : tolérances de composition, granulométrie, couleur et caractéristiques mécaniques.
  • Santé et environnement : fiches de sécurité pertinentes, déclarations réglementaires et rapports d’essais adaptés à l’usage final.
  • Fin de vie : scénario réellement disponible de dépose, collecte, tri, réemploi ou recyclage, et conditions logistiques.

Évitez les termes généraux comme « écologique », « non polluant » ou « 100 % recyclable » sans preuves précises. Une matière recyclée ne dispense jamais de démontrer l’aptitude à l’usage ni la sécurité du produit fini.

4. Comparer les familles de matériaux

Un sol coulé en place peut associer une sous-couche élastique et une finition. Le SBR issu de pneumatiques relève d’une filière de valorisation existante ; l’EPDM est une finition synthétique courante ; des granulats peuvent aussi provenir de chutes industrielles, par exemple de production de semelles. Pour chaque solution, demandez la provenance, la composition et les performances documentées.

Les résultats doivent concerner la configuration proposée — sous-couche, finition, liant, épaisseurs, support et méthode de pose — et non un composant isolé. La fiche technique d’un granulat ne prouve pas à elle seule les performances du complexe fini.

5. Exiger des preuves de sécurité et définir la réception

La norme NF EN 1177+A1 (édition publiée en décembre 2023) décrit des méthodes d’essai pour évaluer l’atténuation de l’impact des sols d’aires de jeux en laboratoire ou sur site. Vérifiez la référence normative applicable au moment de rédiger le marché.

Le CCTP devrait demander : la hauteur de chute de référence et les zones d’impact sur plan ; la composition et l’épaisseur totale du système ; les rapports d’essais pertinents ; la procédure de contrôle après pose ; les critères d’acceptation ; le procès-verbal attendu et le traitement des non-conformités.

Ne vous contentez pas d’une mention « conforme EN 1177 » sur une brochure. Vérifiez le domaine d’application du rapport, le support, les épaisseurs et la correspondance avec le système posé. Références : NF EN 1177+A1 – AFNOR et fiche pratique de la DGCCRF.

6. Encadrer la mise en œuvre

Les performances dépendent de la préparation du support, du drainage, des conditions météo, du dosage du liant, du malaxage et du respect des temps de durcissement. Prévoyez dans le CCTP le contrôle de la portance, de la planéité, de la propreté et de l’humidité du support ; la vérification des pentes et évacuations ; la validation des échantillons ; la traçabilité des lots ; l’enregistrement des conditions de pose lorsque nécessaire ; la protection pendant la prise ; et le délai avant remise en service.

7. Prévoir entretien, réparabilité et coût global

Le prix au mètre carré ne suffit pas. Demandez un plan d’entretien et examinez la durée de service annoncée, les réparations localisées, la disponibilité des matières de remplacement, le nettoyage, les inspections et la fin de vie. Pour comparer les offres, fixez des hypothèses communes de durée d’analyse, de transport, de maintenance et de renouvellement. Toute allégation de réduction d’impact doit reposer sur une méthode et des données comparables, idéalement sur le cycle de vie du système complet.

8. Exemple de clause CCTP à adapter

Revêtement amortissant intégrant des matières circulaires : « L’entreprise proposera un système de sol amortissant adapté aux usages et hauteurs de chute indiqués aux plans. La solution pourra intégrer des matières issues du recyclage ou de la valorisation de chutes industrielles. L’offre précisera l’origine et la traçabilité des matières, le pourcentage massique revendiqué et son mode de calcul, la composition du système, les épaisseurs par couche, les performances d’atténuation de l’impact et les rapports d’essais applicables. Elle joindra les fiches techniques et documents de sécurité pertinents, les prescriptions de pose, les tolérances, le plan d’entretien, les modalités de réparation et le scénario de fin de vie effectivement disponible. Toute solution équivalente sera examinée au regard des mêmes exigences fonctionnelles, techniques, sanitaires et environnementales. La réception comprendra la vérification documentaire et les contrôles définis au marché sur l’ouvrage réalisé. »

Cette clause est un point de départ : complétez-la avec les hauteurs de chute, épaisseurs, critères d’essai, délais et conditions de réception propres à l’opération. Faites valider le dossier par le maître d’œuvre et, si nécessaire, par un spécialiste des aires de jeux et de la commande publique.

9. Checklist du prescripteur

  • ☐ Usages, zones d’impact et hauteurs de chute définis.
  • ☐ Performances attendues et critères d’acceptation mesurables.
  • ☐ Origine des matières, contenu recyclé et traçabilité documentés.
  • ☐ Rapports d’essais correspondant au système complet proposé.
  • ☐ Mise en œuvre, contrôles de chantier et réception prévus.
  • ☐ Entretien, réparations, durée de service et fin de vie décrits.
  • ☐ Critères environnementaux vérifiables et proportionnés.
  • ☐ Équivalence et comparaison des offres organisées sans verrouillage injustifié.

En résumé

Un CCTP performant transforme l’objectif d’économie circulaire en exigences contrôlables : origine des matières, traçabilité, sécurité, durabilité, mise en œuvre et fin de vie. C’est l’approche par la preuve qui permet de comparer les offres et de sécuriser le projet.

Pour approfondir, consultez nos pages sol amortissant, PCE Calzado et nos ressources techniques. Contactez Terraludis Systems pour échanger sur la configuration matière et les documents techniques à réunir.

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